gianesini B1 - Centro Linguistico di Ateneo

Vai ai contenuti

Menu principale:

gianesini B1

Materiali didattici

En quittant le bureau, je me suis mise à courir. Midi sonnait à la tour Saint Jacques, j’ai traversé la pelouse interdite aux passants qui est au centre de la place.
Je suis descendue dans le métro. Le train est arrivé, je me suis assise en parlant toute seule, en chantonnant pour me donner  du courage, pour ne pas trembler. Tout défilait dans ma tête, de plus en plus vite: aller à la teinturerie, remplir les valises, aller chez le pharmacien. Je me souviens qu’autrefois nous ne partions pas sans avoir expédié les malles, ou plutôt la malle, un objet magnifique. Pourquoi avoir accepté cette invitation ?.
J’ai levé les yeux, il y avait un couple en face de moi. Ils ne me voyaient pas. Ils étaient très vieux. Lui, minuscule avec des lunettes rondes, d’immenses oreilles, un gros nez, une jolie bouche bien dessinée, un menton à fossettes et un gilet en velours. Il tenait une canne et ses deux mains étaient bien appuyées l’une sur l’autre. Elle avait un manteau en fourrure d’ours.
Elle a fouillé dans son immense sac et en a sorti deux bonbons acidulés, un orange et un jaune . Elle en a donné un à son amoureux. Comme je les regardais, elle m’en a tendu un en me disant quelques mots en russe . je ne sais pas refuser ce genre de choses.
Geneviève BRISSAC,  Week-end de chasse à la mère


Ernestine était la meilleure amie de Mélanie Bros. Née dans les dernières années du XIXe dix-neuvième siècle, fille d’un couple de  paysans qui avaient engendré treize enfants dont neuf avaient atteint l’âge adulte, elle était, en 1936 une des rares femmes de la campagne qui avait obtenu son certificat d’études. Avec ce précieux diplôme, Ernestine était chargée de porter à leurs destinataires les avis d’appels téléphoniques qui arrivaient de temps en temps au bureau de poste. Un travail qui lui convenait bien car elle était une intrépide marcheuse. Elle avait une autre singularité : elle s’intéressait à la lecture. Elle empruntait des livres à l’instituteur. Elle en possédait même un certain nombre qu’elle avait  achetés à la foire du jeudi gras de Maurs, où venait un marchand de livres neufs et d’occasion.
Chose plus merveilleuse encore : son goût pour la poésie l’avait amenée à écrire elle-même des vers ; à l’occasion d’un baptême, d’un mariage, d’un enterrement, d’un anniversaire, de noces d’or ou d’argent, elle était en mesure de composer un poème d’allégresse ou de douleur. Elle l’écrivait sur du beau papier, l’encadrait, le récitait elle-même au moment de la cérémonie, le remettait en mains propres. Pour chacun de ces produits elle avait établi un tarif en fonction du sujet et  de la longueur. Ainsi, elle s’était fait un renom dans la contrée ; on venait de loin pour lui passer commande car c’était remarquable que  d’associer dans la même célébration la foi, l’amour, la poésie et la bonne cuisine.

Jean ANGLADE, Un souper de neige

Hector avait son cabinet dans une grande ville avec de grandes avenues bordées de beaux immeubles anciens. Cette vile était différente de la plupart des grandes villes du monde : ses habitants mangeaient à leur faim ; ils pouvaient se faire soigner gratuitement s’ils tombaient malades ; les enfants allaient à l’école ; la plupart des gens avaient un travail : on pouvait aller au cinéma en ne payant pas cher ; il y avait des musées, des piscines et même quelques endroits où faire du vélo sans se faire écraser. Les gens pouvaient aussi regarder des chaînes de télévision différentes, ils pouvaient lire toutes sortes de journaux, et les journalistes avaient le droit d’écrire tout ce qu’ils voulaient. Les gens avaient beaucoup de vacances même si  ça posait parfois un problème à ceux qui n’avaient pas assez d’argent pour partir. Parce que même si tout allait mieux que dans la plupart des grandes villes du monde, il y avait quand même  des gens qui avaient tout juste assez d’argent pour vivre, des enfants qui ne supportaient pas d’être à l’école et qui faisaient de grosses bêtises  ou même qui n’avaient plus de parents pour s’occuper d’eux. Il y avait aussi des grandes personnes qui n’avaient pas  de travail et des gens qui essayaient de se soigner eux-mêmes en buvant n’importe quoi. Hector savait qu’ils existaient parce qu’il en avait beaucoup soigné quand il travaillait à l’hôpital.

François LELORD, le voyage d’Hector ou la recherche du bonheur

Vers six heures elle m’a  tapé sur l’épaule et j’ai senti l’odeur du café. Elle  s’est affairée dans la cuisine et sur l’écran de télévision, des clips s’enchainaient et tout se ressemblait. J’ai pris ma douche et je me suis habillé, j’ai bu un café debout dans le salon et j’ai dit au revoir comme si de rien n’était. A ce moment-là j’ai su que je ne reverrais plus cette baraque et elle non plus et cela ne m’a pas attristé. C’était encore la nuit. J’ai démarré et j’ai roulé vers Paris. J’ai laissé la voiture sur un parking souterrain avec les clés sur le volant. Dans un supermarché, j’ai acheté plusieurs bouteilles de whisky ; la gare grouillait de monde ; j’ai regardé les horaires de destinations et pris le premier train pour le Portugal. Quand je suis arrivé, j’ai loué une chambre et je l’ai payée pour deux semaines. La patronne avait l’air gentille, elle portait une robe bleu clair et un tablier qu’elle ne quittait probablement jamais. Elle m’a demandé si j’avais faim ; je lui ai dit que oui et nous avons mangé tous les deux dans le salon de l’appartement dont les murs étaient couverts de photos de la Vierge . Après le repas nous sommes sortis de la maison et nous avons fumé devant la porte. Nous sommes restés là à regarder la rue, les gamins qui passaient et se chamaillaient,  le soleil qui se couchait. Entre les immeubles, on voyait le Tage et les rues étroites.

D’après Olivier ADAM, Passer l’hiver

Torna ai contenuti | Torna al menu